SOcle : Clés pour la Science Ouverte

« Si je dois partir, il nous faut des règles et des procédures à transmettre »

Retour d’expérience sur un plan de gestion de données (PGD) de plateforme 

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Elven Priour, ingénieur d’études CNRS, développeur et responsable technique de la plateforme LABEX-EM, ainsi que Matthieu Pourieux, ingénieur de recherche CNRS en production analyse et traitement de données et référent science ouverte pour le Centre de recherche en économie et management (CREM-UMR 6211), ont répondu aux questions de l'équipe ARDoISE.

Comment fonctionne la plateforme ?
E.P. : Le LABEX-EM, ou LABoratoire d'EXpérimentation en Economie et Management, est une plateforme technique d'expérimentations en économie et management presque exclusivement pour des chercheurs du CREM qui veulent tester des théories économiques en récoltant des données issues de comportements humains sur des décisions économiques via des ordinateurs, des tablettes ou en ligne. Les participants sont rémunérés à la fin selon leurs décisions. Après 200 à 500 individus en moyenne pour une expérimentation, les données sont transmises au chercheur qui les analysent pour ses futures publications.

Pourquoi réaliser un PGD pour le LABEX-EM ?
M.P. : Il y a plusieurs facteurs : je me suis formé sur les PGD via les tutoriels de DoRANum, dans le cadre de ma fiche de poste, étant référent science ouverte au CREM. Puis j’ai accompagné des chercheurs sur leur PGD : le PGD du projet « Valeur du temps » rédigé par Maïté Stéphan par exemple, qui utilisait la plateforme LABEX-EM. Un chercheur nous a aussi posé des questions sur la gestion des données au LABEX-EM mais nous n’avions pas de réponse à l’époque. En 2023, la responsable scientifique de la plateforme a changé et les procédures ont été mises à plat : c’était le moment d’intégrer d’autres pratiques de science ouverte comme établir le lien avec la DPO [déléguée à la protection des données] pour toutes les données personnelles traitées, et la rédaction d’un PGD. Enfin, j’ai su que l’atelier ARDoISE recrutait une personne pour nous accompagner. Les pratiques des chercheurs étant très différentes en économie expérimentale, faire un PGD de laboratoire semblait très complexe. Nous nous sommes donc recentrés sur un PGD au niveau du LABEX-EM, avec des données dont nous maîtrisons la trame.
E.P. : Le but était de prendre du recul sur ce qui est fait. Le LABEX-EM existe depuis 2004, je connais par cœur les tâches, mais nous n’avions pas de process. Si je dois partir, il nous faut des règles et des procédures à transmettre. Concernant le périmètre, le PGD s’arrête au moment où la plateforme livre les données aux chercheurs, car nous ne maîtrisons pas ce qu’ils en font ensuite. Cet exercice sert à mettre en place des bonnes pratiques, comme l’archivage du code sur Software Heritage : nous ne le faisons pas encore, mais c’est l’objectif, et je peux aussi le recommander aux chercheurs.

Comment le PGD est-il été élaboré ?
E.P. : Nous avons commencé par mettre à plat tout ce qui est produit comme données par la plateforme sur un tableau blanc : le cycle de vie des données depuis la demande d’un chercheur, l’analyse de ses besoins, le codage, le recrutement des participants, la production des données, jusqu’à la rémunération avec l’agence comptable. Nous avons des données de recherche destinées aux chercheurs, mais aussi des données administratives et des données logiciel ou séries de scripts.
Ensuite, nous avons mis de la structure en utilisant la trame [fournie par ARDoISE] pour retranscrire tous ces éléments mais aussi toutes les questions que nous avions dans une colonne supplémentaire, afin de vous les posez lors de nos rendez-vous. Les exemples déjà indiqués étaient très utiles. Nous nous sommes concentrés dans un premier temps sur les données de recherche. Cela peut paraître complexe de remplir cette trame, mais le tableau blanc nous avait aidé pour commencer.
Enfin, nous sommes passés sur DMP Opidor. Prendre en main l’outil peut faire un peu peur au début, mais j’ai vraiment beaucoup apprécié les recommandations : celles de l’Université de Rennes, du CNRS, de Recherche Data Gouv pour les logiciels. Elles sont très utiles pour les bonnes pratiques à mettre en place. Les commentaires aussi sont utiles pour noter les points sur lesquels échanger entre nous, préparer nos rendez-vous avec vous, et aussi penser aux recommandations que nous pourrons faire aux chercheurs. Il faut se fixer du temps pour cela. Je vois le PGD comme un outil d’amélioration continue des pratiques.  
M.P. : Parfois nous ne sommes pas d’accord sur la forme à adopter pour la rédaction. Le PGD peut paraître compliqué à réaliser, on peut avoir peur que cela nous demande du travail, mais en fait, les recommandations nous aident à comprendre ce qui n’est pas clair, c’est très utile et intéressant. Nous avançons lentement mais sûrement.
Nous avons aussi consulté d’autres PGD, mais ils sont disparates et de forme très différentes. Il y a parfois des choses à prendre sur la forme, comme des graphiques par exemple.

Combien de personnes sont impliquées dans la rédaction ?
M.P : Elven maîtrise tout ce que fait la plateforme donc c’est lui qui rédige le PGD. Je vais relire et lui faire des commentaires, puis nous prévoyons de vous l’envoyer pour relecture. Nous n’avons pas fait appel aux chercheurs pour la rédaction car le périmètre est vraiment celui des données de la plateforme. Nous verrons plus tard, mais il faudra faire attention à ne pas "braquer", tomber au bon moment et faire en sorte de valoriser ce travail pour eux.
E.P. : La responsable scientifique de la plateforme va relire également, ça sera très utile d’avoir son regard de chercheuse.

Quelle durée est nécessaire à sa rédaction ?
[Après 2 réunions avec l’atelier ARDoISE en mai 2025 et janvier 2026, Matthieu et Elven ont travaillé sur le PGD lors de 3 rendez-vous dédiés en interne et le sujet est également abordé lors de leur point hebdomadaire]
E.P. : Il reste encore du travail. Je me fixe des créneaux d’1h30 chaque semaine pour y travailler.

D’après vous, qu’est-ce qui fonctionne pour mener à bien ce travail ?
E.P. : Le travail en équipe, car tout seul, c’est difficile de prendre assez de recul sur tout ce qui est fait et pour se lancer ; les réponses à nos questions lors de votre accompagnement ; et le temps à y consacrer : il faut vraiment prévoir dès le départ des créneaux hebdomadaires pour que cela devienne une habitude.

Propos recueillis par Sonia Christon, data librarian chargée de l’accompagnement des PGD entité au sein de l’atelier ARDoISE 

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Pour plus d'information
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> Vous pouvez contacter directement Elven Priour (elven.priour[at]univ-rennes.fr) et Matthieu Pourieux (matthieu.pourieux[at]univ-rennes.fr).
> Pour un accompagnement à la rédaction de votre PGD de plateforme ou de laboratoire, contactez le guichet ARDoISE : guichet-ardoise[at]groupes.renater.fr
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